La Guerre des Mondes

L’atelier du mois d’octobre

Roman de science-fiction publié par H. G. Wells publié en 1898, La Guerre des Mondes est l’une des premières œuvres d’imagination dont le sujet est l’affrontement entre l’humanité et une race extraterrestre hostile. C’est aussi le miroir des angoisses de l’époque victorienne et de l’impérialisme.

1894, des astronomes sont témoins d’étranges activités à la surface de Mars, étrange phénomène qui se répétera les dix-huit nuits suivantes. Bientôt, des météores venus de la planète rouge se dirigent vers la Terre. Le premier s’écrase en Angleterre dans le Surrey et les tréfonds d’un cratère formé par la chute du projectile libèrent même des créatures tentaculaires appelés tripodes.

Récit angoissant magnifié par un autre [Orson] Welles sous la forme d’un feuilleton radiophonique (1938), La Guerre des Mondes demeure l’un des titres fondateurs du genre science-fictionnel et ses nombreuses adaptations attestent de sa modernité. Aujourd’hui, la guerre des mondes prend forme partout - hommes de sciences et hommes de fois, sociétés consuméristes face à l’éveil d’une conscience écologique - et ses effets sont tout aussi ravageurs.

Pour éviter une déroute finale, prenons la plume afin d’imaginer, d’écrire et raconter d’autres guerres des mondes, d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

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La guerre des mondes

Texte envoyé le 2/10/2020

Un reliquat antique de philosophie destructrice s’est accroché dans cette si vile ci-mort-lisation quasi-hégémonique occidentale. Une mensongère distinction et opposition entre nature et culture.
Le syncrétique Arbre-Monde est scindé en deux, la belle symbiose mue en carnage, les cultes païens deviennent new-age, l’ancestrale sagesse n’est plus la Déesse des pieux. À son image, l’occidental a façonné un unique dieu colérique, prétentieux et vaniteux. Il glorifie la Connaissance uniquement sous forme de sciences et sans conscience, il mystifie la Sagesse en ignorance.
Il se sédentarise, se coupe des Étoiles, rase les forêts pour la culture des champs. L’ingénierie et le feu remodèlent son monde, le pyromane moderne s’enferme dans son illusion, partout sur Terre il répand ses poisons. Arrogant de ses sciences et de ses prouesses, il se vante de ne plus être ni animal, ni diurne, ni sylvestre.
Les siècles passent et le singe dégénéré s’enfonce dans l’abysse de son égo. Cette fausse dualité s’est incrustée au plus profond de son cerveau. Ce rêve, ce monde des humains isolés des non-humains, est hélas devenue une vertu. Depuis qu’il s’est mis à idolâtrer le minéral or, partout sur Terre l’occidental sème la mort. Il torture ses frères humains, il génocide ses cousins germains. Il associe l’humus avec la saleté, et est effrayé par les invertébrés. Il se soigne avec d’inertes minéraux, s’occupe dans des centres commerciaux. Il balance ses merdes dans la mer, oubliant de nourrir les vers. Dans sa vanité, il s’est finalement éjecté du cycle éternel des renaissances sacrées. Le recyclage symbiotique disparait. La divine Harmonie est anéantie.
« Rien ne se perd. Rien ne se crée. Tout se transforme. »
Il s’abreuve de pétrole, rote des pluies acides, pisse des pesticides. L’Air urbain, Éole, qui devient malsain. L’humus se perd, la biomasse se meurt. Mais l’homme moderne reste certain d’être à son écosystème extérieur. Les diamants ont le prix du sang, la Vie ne reçoit que du mépris. Il construit ses régions d’immondes bâtisses de béton. Asphyxie la Terre sous le goudron. Il croit même qu’il peut se nourrir de pilules mortes, vivre la nuit sous les reflets-catadioptres, et que la lumière des écrans-télés remplace celles des rayons éthérés.
Il casse des montagnes, mine les campagnes. Joue avec des billes d’uranium, qu’il enrichit aux risques maximums, puis disparait sans rien ranger comme un enfant pourri gâté. Il se permet même d’anéantir la symbiose séculière de sa natale Terre. Il parie, flambe et provoque la sixième extinction mais s’en moque. Désormais il se rêve transcendantal, un androïde désincarné, ni animal, ni bactérie. Il n’appartient plus à la Vie.
Cet ancien primate prétentieux s’envolerait alors dans les Cieux s’envoyer en l’air comme s’il était un dieu. Et puis par ennui, le terrible démon envahirait une nouvelle planète, et engloutirait insatiable d’autres Arbres-Mondes.
Gaïa Akbar !

Martin GOBERT

 

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